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À Rouen, une intoxication alimentaire pas si mal digérée

Un an après l’intoxication alimentaire dans les écoles rouennaises, l’heure est au retour d’expérience. Avec ses plus et ses moins.

De la tomme du pays de Bray au menu des cantines scolaires rouennaises en ce jeudi 19 avril 2018. Plus aucune trace dans les assiettes du fromage de Neufchâtel incriminé dans l’épisode d’intoxication alimentaire d’avril 2017 dont ont été victimes près de six cents enfants et non trois cents comme annoncé à l’époque. Depuis un an, le fromage au lait cru n’a plus sa place sur les tables des bambins rouennais. Un principe de précaution, même si le fromage en forme de cœur n’a pas scientifiquement été mis en cause. Curieusement, un seul prélèvement a été effectué aux urgences du CHU alors qu’une quarantaine d’enfants y sont passés ce soir-là. « Insuffisant pour une mise en culture et des résultats fiables », assure un technicien de laboratoire. Ce sont les questionnaires épidémiologiques auprès de 1 610 personnes qui ont permis quatre jours plus tard de mettre en évidence la présence de staphylocoques sur le fromage normand. « Quand j’ai eu vent des premiers symptômes, j’ai tout de suite pensé à ce style de staphylocoques, mais je ne pensais pas que l’on servait des fromages au lait cru à des enfants en restauration collective », avoue le docteur Benoît Cottrelle, responsable de la veille et de la sécurité sanitaire à l’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie, contacté jeudi dernier.

PROCÉDURES RENFORCÉES

Un rapport de la Protection civile présenté comme un retour d’expérience et daté de juillet dernier met également en avant « les résultats des analyses microbiologiques menées dans des échantillons de fromage où des staphylocoques et des toxines ont été mis en évidence dans le même lot que celui consommé lors du repas incriminé. » Le doute ne semble plus permis. « Dans une école, les huit enfants qui ont mangé du fromage ont été malades. Et personne d’autre », reconnaît Frédéric Marchand, adjoint au maire de Rouen chargé des écoles, qui se refuse pour autant à jeter le discrédit sur tous ces producteurs locaux qui fournissent au quotidien la cuisine centrale. Même si les producteurs de Neufchâtel, jusqu’à l’an dernier fournisseur de la ville, en ont depuis fait les frais. « Nos producteurs ont renforcé aussi leurs procédures. »

DES SMS TROP POUSSIFS

« Maintenant, tout le monde a bien conscience que cela peut arriver. » Frédéric Marchand se souvient très bien de cet après-midi du 27 avril 2017, quand les premiers coups de téléphone commencent à arriver à la mairie. Quand vers 16 h, les premiers cas de vomissements d’enfants sont signalés dans une école de la ville. Puis dans une autre, et encore une autre. Des cas heureusement sans gravité pour une intoxication alimentaire qui n’a en fait duré que quelques heures. À tel point qu’à 21 h, la cellule de crise est désactivée. Tant à la Préfecture qu’au Samu. « Tout le monde a eu le bon réflexe, insiste l’adjoint au maire, les familles ont été rassurées par la présence des équipes municipales dans chaque école, personne n’a paniqué. D’ailleurs, le personnel municipal a reçu les félicitations de la préfecture, rappelle l’élu. J’ai apprécié cet élan de solidarité à la mairie. Tous les services ont aidé à gérer la crise. » Un an après cette intoxication alimentaire de « grande ampleur », selon le rapport, chacun a pu mesurer les forces et les faiblesses de sa gestion de crise. Un retour d’expérience souvent bien utile. « Pour la première fois, nous avons testé l’envoi en nombre de SMS pour prévenir tous les parents. » Un test en live qui n’a pas bien fonctionné. « Les serveurs n’étaient pas bien dimensionnés et l’opérateur n’a envoyé que 1 000 SMS à l’heure. Et comme nous en avons envoyé 12 000… » Du coup, certains parents n’ont reçu l’alerte que le lendemain matin. Un dysfonctionnement mis en avant dans le rapport. « Tout est réglé aujourd’hui, les serveurs ont été redimensionnés, assure Frédéric Marchand. Nous n’avons pas été très bons sur la communication avec les parents, admet le représentant de l’ARS. Nous avons mis trop de temps à préciser que la cuisine centrale et son hygiène étaient totalement hors de cause. »

Des règles draconiennes appliquées aussi dans chaque école. Plus question de stocker des plats qui ne proviennent pas de la cuisine centrale dans les frigos. Pour les kermesses ou les pots de fin d’année, il va falloir sortir la glacière…

L’article de l’époque

Méga-intox dans les écoles. C’est le titre de l’article du vendredi 28 avril consacré à l’épisode d’intoxication alimentaire dans les écoles rouennaises la veille. Une école donne l’alerte vers 15 h 30, quatre heures après le repas puis, plusieurs dizaines de directeurs d’école contactent à leur tour les secours : plusieurs élèves ont été pris de vomissements. En tout, ce sont 559 enfants et 42 adultes répartis dans 30 écoles et six crèches qui sont finalement touchés. Trente-huit enfants ont été conduits au CHU de Rouen. Un seul devait y passer la nuit. Ce jour-là, 6 229 repas ont été délivrés aux enfants, et 350 aux adultes

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