skip to Main Content

Les cantines scolaires de Limoges jettent plus de 30.000 repas par an, un gaspillage qui fait « mal au coeur »

Les cantines scolaires de Limoges jettent plus de 30.000 repas par an, un gaspillage qui fait « mal au coeur »

Au départ, un appel anonyme. Une employée de cantine veut alerter sur les quantités d’aliments qu’elle jette chaque jour à la poubelle, après le repas des enfants.

Ce jour-là a été celui de trop. « J’ai jeté peut-être 40 escalopes à la poubelle, ça me faisait tellement mal au cœur que j’en pleurais », raconte anonymement cette cantinière en poste à Limoges. « Les familles de collègues pourraient profiter de ces restes alimentaires. Ou alors, il faudrait en faire profiter ceux qui sont dans le besoin… »

Mais dans les restaurants scolaires, les restes, même intacts, doivent aller à la poubelle. Ainsi va la consigne hiérarchique qui leur a été rappelée début octobre. « Peut-être que certains récupéraient les restes, mais c’était fait en opposition totale avec les règles sanitaires. Nous serions responsables d’éventuelles intoxications alimentaires. Ça n’a jamais été autorisé ! », réagit l’adjoint au maire en charge des affaires scolaires, Vincent Jalby.

Que ce soit pour redistribuer les restes à des associations – « nous travaillons là dessus » – ou pour les transporter ailleurs, « il y a des règles à respecter », notamment de maintien à température et de passage en chambre froide.

31.600 repas intégralement jetés en 2017

Quelle envergure prend donc ce gaspillage scolaire qui pousse une cantinière à tirer la sonnette d’alarme ? Difficile de le savoir puisque la municipalité ne dispose pas de statistiques dédiées. Exceptionnellement, une pesée a été organisée dans deux restaurants, ce mardi midi. Résultat : pour 365 élèves nourris, 32 kg d’aliments ont été jetés en fin de repas. Encore trop.

D’autant plus qu’à ce gaspillage doit être ajouté celui des repas cuisinés mais non consommés. Cette fois, pas de poids mais des quantités : 35.500 repas en 2015. 31.600 en 2017.

Une baisse louable, que Vincent Jalby explique par l’instauration d’un système d’inscription. « Avant cela, on préparait autant de repas qu’il y avait d’enfants susceptibles de manger à la cantine. Aujourd’hui, on sait combien ils seront et le gaspillage a été réduit d’environ 30 %. » Voilà pour la partie la plus facile à maîtriser, techniquement.

Pour en revenir à ce que les enfants, une fois servis, ne vont pas consommer, c’est une autre affaire. « Il est autant question de goût que de quantité servie… Quand on leur sert des steaks hachés avec des frites, il n’y a pas de restes. Mais notre mission est de leur proposer autre chose comme des panais, du boudin, des repas du monde… » Alors quand le produit promet d’être modestement populaire, « il est servi en plus petite quantité ». Aux diététiciens de lisser les apports nécessaires sur l’ensemble du repas.

Présenter des menus moins précis aux familles

Conscientes qu’elles peuvent encore s’améliorer, les équipes travaillent sur plusieurs projets, comme l’implication des élus du conseil municipal des enfants, la consultation d’enfants pilotes pour élaborer un carnet de bord*, les portions « plus raisonnables » dans les selfs avec possibilité de se resservir… « On va aussi présenter des menus moins précis aux familles », pour les adapter aux restes de la veille, mais aussi à l’offre locale ou bio disponible.
(*) Une façon de savoir pourquoi ils n’ont pas mangé. « Parfois, les carottes sont bonnes, mais c’est la sauce qui leur pose problème… ».

Back To Top