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Gestion des eaux usées : un défi mondial !

Le rapport annuel de l’ONU sur la ressource en eau met en avant les atouts d’une bonne gestion des eaux usées et leur valeur ajoutée alors qu’on estime que 80 % d’entre elles sont rejetées sans traitement dans le monde. 

A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, l’Organisation des nations unies (ONU) publie via l’Unesco son rapport annuel sur la mise en valeur des ressources en eau 2017 (WWDR 2017). Après le développement durable en 2015 et l’emploi en 2016, l’organisation a souhaité mettre l’accent sur les eaux usées « ressource inexploitée ». « Dans un monde où la demande en eau douce augmente sans cesse, et où les ressources en eau limitées subissent de plus en plus des contraintes du fait de la surexploitation, de la pollution et des changements climatiques, il est tout simplement impensable de négliger les opportunités qu’offre l’amélioration de la gestion des eaux usées. », détaille ainsi Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco dans l’avant-propos. Dans l’Agenda 2030 pour le développement durable, l’un des 16 objectifs est consacré à l’eau et l’assainissement. Il se décline en huit cibles dont l’une est consacrée à une meilleure gestion des eaux usées. Le rapport rappelle que cela passe par quatre actions essentielles : la réduction des pollutions à la source, le traitement des contaminants mais aussi la réutilisation des eaux traitées et la valorisation des sous-produits.

Dans de nombreux pays, le traitement des eaux usées est défaillant voire inexistant alors qu’il apparaît essentiel de les considérer comme un problème social et environnemental majeur. Dans les métropoles des pays émergents, où la population croit de manière très rapide, le traitement défaillant des eaux usées peut générer des problèmes sanitaires importants. En 2012, selon les estimations, plus de 840 000 décès ont été liés à une eau contaminée et des installations sanitaires inadaptées. A titre de comparaison, si 70 % des eaux usées sont traitées en moyenne dans les pays à revenu élevé, ce pourcentage chute à 8 % dans les pays à faible revenu. Au total, il apparaît qu’environ 80 % des eaux usées sont probablement rejetées sans traitement dans le monde. Le rapport met l’accent sur les petits systèmes de traitement décentralisés qui sont qualifiés de « tendance montante » dans le monde. D’après une estimation, les investissements dans ces installations ne coûtent que 20 à 50 % de ceux des systèmes de traitement conventionnels.

Le rapport s’attache à rappeler que les eaux usées peuvent aussi constituer une ressource en eau alternative après traitement pour l’irrigation voire l’eau potable dans certains cas (comme l’exemple célèbre de Windhoek en Afrique du ) mais aussi pour y extraire des produits dérivés utiles comme des nutriments tels que le phosphore ou l’azote. Ainsi 22 % de la demande mondiale en azote pourrait provenir du traitement des urines et excréments humains. Elles peuvent aussi permettre de produire de l’énergie sous forme de biogaz. Cette récupération peut alors apporter une valeur ajoutée aux eaux usées et ainsi faire baisser les coûts de traitement.

Concernant les eaux industrielles, le rapport préconise de réduire les risques de pollution en limitant l’utilisation de matières premières toxiques. En effet, on estime que d’ici 2025, le volume des eaux usées industrielles va doubler par rapport aux volumes de 2007. Le rapport rappelle néanmoins que la synergie entre industries pour l’utilisation et le recyclage des eaux usées peut constituer une opportunité. Ainsi le rapport rappelle que d’ici 2020, le marché des technologies de traitement des eaux industrielles devrait augmenter de 50 % (source : GWI 2015).

Enfin, un dernier obstacle sera à surmonter, celui de l’acceptabilité sociale. La réutilisation des eaux usées traitées se heurte encore à une forte opposition de la population dans certaines zones du monde.

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