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Hôpitaux : résistance des bactéries aux gels hydroalcooliques

Les micro-organismes mutent et s’adaptent pour résister aux bactéricides. Une récente étude australienne met en garde contre les risques de maladies nosocomiales avec l’emploi du gel antibactérien utilisé pour désinfecter les mains.

Cette récente étude menée à Melbourne (Australie) ne va pas rassurer les phobiques des microbes. Certaines bactéries dans les hôpitaux deviennent résistantes aux désinfectants pour les mains. Les chercheurs ont publié leurs travaux le 1er août dernier dans la revue Science Transnational Medecine.

Une nouvelle cause d’infections nosocomiales

Quand ils travaillent à l’hôpital, les soignants utilisent massivement des solutions hydroalcooliques pour leurs mains. Depuis 2002, ces désinfectants à base d’alcool ont permis de lutter à travers le monde contre le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) ou bactérie SARM. Ce micro-organisme provoque des TIAC, des infections localisées et peut même se révéler mortel. Elle résiste en outre à la méticilline, un antibiotique de la famille des pénicillines.

Le champ n’est pas resté libre bien longtemps. Les chercheurs ont noté la progression d’une autre bactérie venue de la flore intestinale, Enterococcus faeciumCe micro-organisme peut se répandre à travers les cathéters et les appareils respiratoires. Cette bactérie représente désormais « une cause majeure d’infections nosocomiales », soulignent les chercheurs. L’E. faecium provoquerait 10% des infections nosocomiales bactériennes à travers le monde.

Ne pas se contenter des gels antibactériens

Les chercheurs ont examiné deux-cents échantillons collectés entre 1997 et 2015. Les Enterococcus faecium prélevés après 2010 s’avèrent dix fois plus résistants à un produit contenant 23% d’isopropanol, un alcool très courant dans les solutions hydroalcooliques, rappelle Le Figaro. La norme dans les hôpitaux se situe à 70% d’isopropanol. Avec ce dosage, « l’élimination des bactéries était totale, sans différences entre les différents prélèvements », tempèrent les chercheurs.

Ces résultats ne signifient pas qu’il faut abandonner les gels antibactériens pour les mains. En revanche, « On ne peut pas uniquement se reposer sur des désinfectants à base d’alcool pour contrôler l’E. faecium en milieu hospitalier », prévient Tim Stinear, auteur principal de l’étude et microbiologiste à l’Université de Melbourne. Enterococcus faecium constitue la quatrième cause de septicémie en Amérique du Nord, et la septième en Europe.

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