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L’antibiorésistance à l’origine de 33 000 décès annuels en Europe

En Europe, 33 000 personnes meurent chaque année d’infections résistantes aux antibiotiques. C’est le constat d’un récent rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publié dans la revue The Lancet Infectious Diseases. 

Une étude menée par l’ECDC estime à 33 000 le nombre annuel de décès ayant pour cause directe une infection par une bactérie résistante aux antibiotiques. Le poids de ces infections est comparable à celui de la grippe, de la tuberculose et du VIH/SIDA combinés.

Autre enseignement de ce travail : 39% de ces cas sont dus à une bactérie résistante à la dernière ligne de traitement par antibiotique. Parmi ces médicaments, les carbapénème et colisistine « Il s’agit d’une hausse des cas par rapport à 2007 », notent les auteurs. Une source d’inquiétude puisque ces molécules constituent la dernière option de traitement. « Lorsque ces médicaments n’ont plus d’effet, il est extrêmement difficile, et parfois impossible de traiter ces infections. »

Enfin, « 75% de ces cas sont dus à des contaminations au cours des soins », indique l’ECDC. Voilà pourquoi « il est essentiel de mettre en place les mesures de prévention dans les établissements de santé », concluent les auteurs.

Le Gouvernement s’engage contre l’antibiorésistance

À l’occasion de la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, du 13 au 18 novembre, le Gouvernement lance une nouvelle campagne de communication pour lutter contre l’antibiorésistance. En parallèle, Santé publique France publie une synthèse sur la consommation d’antibiotiques dans l’Hexagone.

Après « Les antibiotiques, c’est pas automatique » et « Utilisés à tort, ils deviennent moins forts », le ministère de la Santé lance une nouvelle campagne « Ils sont précieux, utilisons-les mieux. ». Objectif affiché, lutter contre la montée en puissance de l’antiobiorésistance. Rappelons en effet qu’un mauvais usage et une surconsommation favorisent ce phénomène qui n’a rien d’anodin. Comme le rappelle le Pr Laurence Monnoyer-Smith, Commissaire générale au développement durable, ministère de la Transition écologique et solidaire, « l’antibiorésistance pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde, en remettant en question la capacité à soigner les infections, même les plus courantes ». Ainsi, l’OCDE estime qu’en France, 125 000 infections par an, dont 5 500 mortelles, sont dues à une résistance des bactéries aux antibiotiques.

C’est pourquoi, en parallèle de cette nouvelle campagne, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a annoncé le lancement un programme prioritaire de recherche doté de 40 millions d’euros, dédié à la lutte contre la résistance aux antibiotiques.

Quelle consommation en France ?

L’année dernière, 759 tonnes d’antibiotiques destinées à la santé humaine ont été vendues en France. La quasi-totalité (93%) a été utilisée en médecine de ville et 7% en établissements de santé. En fait, la consommation humaine d’antibiotiques en France ne diminue plus depuis 2006.

En matière de résistance, notons que quelques succès ont tout de même été enregistrés, notamment en ce qui les pneumocoques ou le staphylocoque doré résistant à la méticilline. Mais l’augmentation des entérobactéries résistantes aux céphalosporines de 3e génération constitue un défi pour l’avenir.

Pour la santé animale, 499 tonnes d’antibiotiques ont été vendues en 2017, soit 5,9% de moins par rapport à l’année 2016. Cette diminution – suivie d’une réduction de l’antibiorésistance – serait liée à la mobilisation des professionnels et à la réglementation.

 

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