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Echec de la commission européenne sur la définition des perturbateurs endocriniens

La Commission européenne est décidément à la peine sur le dossier des perturbateurs endocriniens. Le vote prévu mercredi 21 décembre sur les critères permettant de définir ce qu’est un perturbateur endocrinien a été reporté, faute de majorité.

Après plusieurs années sans définition officielle, la Commission européenne a livré le 15/06 dernier sa vision de ces molécules suspectées de favoriser le diabète, les troubles neurologiques et, notamment, les cancers du sein et de la prostate. « Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui altèrent le fonctionnement du système hormonal chez l’homme et l’animal« .

Problème : Les critères retenus par Bruxelles exigeant des effets avérés sur la santé humaine pour interdire un produit, n’ont satisfaits ni les ONG, ni les industriels, ni la communauté scientifique, ni le ministre de la santé, qui jugent la définition insuffisante.

L’ANSES a donc proposé un mois plus tard de classer les perturbateurs endocriniens en 3 catégories : « Avérés », « Suspectés » et « Présumés ». cette approche graduée permettrait de mieux prendre en compte les incertitudes et de faciliter le jugement d’experts.

« La Commission européenne n’obtient même pas 40 % de votes en faveur de sa proposition » de définition des perturbateurs endocriniens, se réjouit l’association Générations Futures. Le vote prévu mercredi 21 décembre est donc reporté. Plusieurs États, dont la France et la Suède, avaient fait part de leur désaccord. Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, avait d’ailleurs écrit au président de la Commission européenne pour souligner que « la définition proposée est bien restrictive ».

Dans sa dernière mouture, le texte intégrait une dérogation pour les pesticides agissant spécifiquement sur le système endocrinien des organismes – ce qui revient à exclure du champ d’application des molécules conçues pour être, justement, des perturbateurs endocriniens. Selon Générations futures, cette disposition concernerait, en France, pas moins de « 8 700 tonnes de pesticides ». D’autres dispositions étaient décriées, notamment un niveau de preuve extrêmement élevé et des possibilités de dérogations en cas de risque négligeable pour l’homme.

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