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Stratégie nationale sur l’Océan

Lors du Conseil des ministres du mercredi 8 mars 2017, Ségolène Royal a présenté la stratégie nationale et internationale de la France sur l’eau, l’océan et le climat.

Ségolène Royal présente la stratégie nationale et internationale de la France sur l’eau, l’océan et le climat
L’importance et le rôle de l’océan ne sont plus à démontrer. Représentant 96% du volume de la biosphère, absorbant plus de 50% des gaz à effet de serre et produisant plus de 30% de l’oxygène que nous respirons, il est « au cœur des enjeux d’avenir de l’humanité ». Pourtant, il est souvent le grand oublié des conférences internationales. Une prise de conscience est nécessaire et semble voir le jour. Pour preuve, la ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la mer a inscrit à l’agenda politique international les problématiques de gestion de l’eau et de protection de l’océan comme défis majeurs de la lutte contre le changement climatique.

Sept thématiques sont mises en avant : l’océan, les aires marines protégées, la croissance bleue, les métiers de la mer, la qualité de l’eau, la pollution et la biodiversité. Sept domaines dans lesquels la France a effectivement pris des mesures mais également dans lesquels de nombreuses améliorations restent à faire.

Parmi les mesures prises, sont notamment à noter la création d’aires marines protégées, le développement des projets d’énergies renouvelables en mer et la lutte contre toutes les formes de pollution.

Il y a trois ans, 4% des eaux marines françaises étaient protégées. Désormais, 22% le sont et arrivent de nouveaux projets : création de la plus grande aire marine protégée au monde (plus d’1,6 millions de km²) et reconnaissance « d’aires marines éducatives » (concept français repris au niveau international).

Concernant la protection de la biodiversité, 60 navires seront bientôt équipés du dispositif anti-collision avec les cétacés dans des sanctuaires en Méditerranée et en mer des Caraïbe. La France a invité l’Italie à mettre en œuvre ce dispositif et l’Espagne s’est montrée intéressée. Le gouvernement a également inscrit la protection des cétacés, des mangroves et des coraux dans la déclaration de Cayenne, qui sera discutée le 17 mars en Guyane.

Les projets d’énergies renouvelables en mer ont également connu une forte accélération (attribution de six parcs au large de la Normandie, de la Bretagne et des pays de la Loire, soutien du Gouvernement pour quatre projets pilotes d’éoliennes flottantes en Méditerranée et en Bretagne …).

Au sujet de la pollution, qui devient critique en mer (à l’heure actuelle, la pollution est telle que nous parlons d’un sixième continent, constitué de déchets plastiques) la France a décidé d’interdire les sacs en plastique à usage unique et a renforcé cette mesure par la publication récente d’un décret interdisant les microbilles de plastique dans les produits cosmétiques et du plastique dans les cotons tiges.

Néanmoins, des actions doivent être encore être menées, notamment en haute mer, qui représente 70% de la surface totale des mers et océans, où règne le principe de liberté, hérité de Grotius. Or, ce régime n’est pas à la hauteur des menaces qui pèsent sur ce milieu. À ce sujet, la France invite l’Union européenne et les États membres à défendre la reconnaissance de l’océan comme bien commun de l’humanité lors de la prochaine session des Nations-Unies (27 mars – 7 avril 2017). Le trafic maritime doit également être un sujet sur lequel les États doivent s’attarder. La communication évoque ce sujet en affirmant que la France modernise sa flotte de navires pour en « limiter l’empreinte environnementale et en renforcer la compétitivité ». Actuellement, 90% du transport mondial de marchandises se fait par la mer, ce qui n’est pas sans conséquences. Les pratiques de pêche et la lutte contre la pêche illégale sont aussi des sujets sensibles qui ne peuvent pas être mis de côté. La France a permis que l’Union européenne adopte le règlement interdisant le chalut de fond au-delà de 800 mètres (en vigueur depuis le 12 janvier) mais de nombreux progrès restent à faire en la matière.

Comme l’explique Ségolène Royal, la France est présente dans toutes les parties de l’océan grâce à ses outre-mer. À ce titre, elle a une responsabilité particulière et « doit être capable de valoriser les ressources de la mer sans lui nuire ». Toutefois, pour que l’océan, et l’eau de manière générale, soit réellement protégé, une stratégie étatique ne suffira pas : il faudra une véritable coopération au niveau international.

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