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Une étude révèle que le Roundup créé des perturbations invisibles à l’échelle de l’organisme entier

Le pesticide de Monsanto, composé en grande partie de glyphosate, fait l’objet d’une étude réalisée sur un champignon et publiée ce jour dans la revue Environmental Science and Pollution Research : même à faible dose, le Roundup engendre des perturbations métaboliques alors qu’aucun effet toxique n’est visible.

Une étude révèle que le Roundup créé des perturbations invisibles à l’échelle de l’organisme entier

Même à faible dose, le Roundup – et donc le glyphosate – peut perturber les cellules des organismes sur lequel il est utilisé, sans pour autant que cela ne soit visible. Il s’agit de la conclusion d’une étude publiée ce mercredi 27 septembre dans la revue Environmental Science and Pollution Research, et relayée par le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen) et l’ONG Générations futures. Menée par une équipe de recherche dirigée par Christian Vélot, généticien moléculaire à l’Université Paris-Sud, cette étude « montre que les perturbations provoquées par le Roundup au niveau cellulaire se manifestent à des doses pour lesquelles il n’y a pas encore d’effet toxique visible à l’échelle de l’organisme entier. » Elle a été réalisée sur un champignon (Aspergillus nidulans) utilisé comme marqueur de la santé des sols agricoles.

Remise en cause du principe d’équivalence en substance pour les PGM

« Cette recherche a consisté à recourir à des analyses dites à haut-débit pour comparer quantitativement et qualitativement l’ensemble des protéines présentes dans les cellules du champignon ayant été exposé au Roundup, à celles présentes dans les cellules du même champignon non exposé », expliquent le Criigen et Générations futures dans un communiqué. La formule du Roundup testée est celle de « Grande culture » (GT Plus), qui contient 450 grammes de glyphosate par litre. Il a été testé « à des doses bien inférieures au taux d’application agricole recommandé », précise le rapport d’étude. « Les résultats montrent que même à faible dose, le Roundup provoque une modulation de la quantité d’environ 6% des protéines détectées, affectant principalement le processus de détoxification cellulaire et de réponse au stress, la synthèse des protéines, le métabolisme des acides aminés, et le métabolisme énergétique et respiratoire », déclare C. Vélot, en charge de cette étude.

Des données qui peuvent remettre en cause le principe d’équivalence en substance appliqué aux plantes génétiquement modifiées (PGM). En effet, le Criigen et l’ONG rappellent que « toutes les PGM dans le monde sont évaluées suivant le principe d’équivalence en substance, qui stipule qu’ « un aliment […] nouveau peut être traité, du point de vue de la sécurité, comme un aliment ou constituant alimentaire existant, dès lors que les deux sont semblables ». Concrètement cela signifie que ce principe ne tient pas compte des éventuels effets dus à la présence dans les cellules de la plante, de l’herbicide avec lequel elle est arrosée. Pourtant, ce principe est utilisé pour déclarer que les aliments provenant d’une PGM sont aussi sûrs et nutritifs que ceux provenant de la plante conventionnelle correspondante. » Les deux organismes souhaitent donc que « ces PGM soient soumises à des études moléculaires et métaboliques approfondies avant toute décision de maintien ou de mise sur le marché. »

Un contexte tendu

Mi-septembre déjà, Générations futures publiait les résultats d’une enquête qui révélait que 53,3 % des 30 échantillons d’aliments (céréales, légumineuses) analysés contenaient des résidus de glyphosate. Cette nouvelle étude est publiée alors que la ré-autorisation pour dix ans de ce pesticide sera bientôt soumise au vote de l’Union européenne. Nicolas Hulot a prévenu dès juillet que la France s’y opposerait. La FNSEA a protesté contre cette décision, vendredi 22 septembre dernier sur les Champs-Élysées à Paris, considérant que « si l’Europe dit oui au glyphosate, il est hors de question que la France dise non et impose des règles plus strictes. » Le Premier ministre Edouard Philippe a affirmé qu’« une élimination progressive et irréversible » des pesticides qui présentent un risque pour la santé et/ou la biodiversité, serait organisée. « Je voudrais réaffirmer très clairement notre engagement d’obtenir avant la fin du quinquennat des progrès significatifs vers l’interdiction de l’usage des substances dangereuses et vers une agriculture qui sera moins dépendantes aux pesticides », a-t-il précisé.

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